Hissez les voiles, cap sur la mode!

Le musée de la Marine propose jusqu’au 26 juillet une exposition ayant pour thème l’influence du vêtement marin sur l’histoire de la mode. Les commissaires d’exposition proposent une intéressante mise en lumière de la figure du marin à travers le prisme de son uniforme.
C’est en effet à partir du XIXème siècle que les uniformes de la Marine s’homogénéisèrent, en particulier chez les hauts gradés. La Reine Victoria, voulant exalter le sentiment de fierté nationale de ses sujets, commença à vêtir des enfants de pretend uniforms, transposition des uniformes de l’armée britannique et notamment du costume de marin, longtemps portés par les petits garçons de la bourgeoisie.

Peu à peu, la figure du marin conquiert la littérature (Jack London, Pierre Loti), la bande dessinée (Corto Maltèse) et le cinéma (Querelle de Fassbinder). Devenu une figure ambivalente, du héros au rebelle, de l’homme qui aspire à rentrer au port à l’aventurier qui fuit au large, de l’emblème de la virilité au fantasme homosexuel, le marin parle et exprime toute la complexité de la figure masculine.
Au tournant du siècle, la mode s’empare à son tour de ses attributs. Des femmes comme Colette ou Coco Chanel ne tardent pas à leur emprunter sa tenue, autant pour son confort que pour son anticonformisme. Suivront de nombreux créateurs, qui à l’instar d’Yves Saint Laurent ou Jean-Paul Gaultier sauront magnifier les femmes avec ses si sobres vêtements masculins, jouant avec les codes, pour mieux s’en affranchir. Col marin enfantin, caban d’aventurier solitaire, casquette de vieux loups de mer, et même vareuse et ciré en mode Rade de Brest, tout est prétexte au détournement ludique à travers des silhouettes d’une féminité à couper le souffle.
La scénographie de l’exposition, par la multiplicité des objets présentés et des supports utilisés, permet de comprendre le cheminement de ce vêtement au final si emblématique de notre imaginaire tout autant que de nos identités.
Au final, on sort de l’exposition en se demandant pourquoi un tel sujet n’avait pas été traité plus tôt tant il est essentiel à l’histoire du costume. Merci au Musée de la Marine d’avoir pris le large pour les contrées si exotiques de la mode!
Pour en savoir plus:
http://www.musee-marine.fr/site/fr/expo-les-marins-font-la-mode
http://www.musee-marine.fr/blog/
(approximate) english version
Indded, it is from the nineteenth century that the uniforms of the Navy became similar, especially among senior officers. Queen Victoria wanted to exalt the national pride of his subjects, began to dress children in ‘pretend uniforms’, copy of the British Army ones, including the sailor suit, usely worn by boys of the bourgeoisie.
At the turn of the century, fashion picked up the sailor’s attributes. Women such as Colette and Coco Chanel are quick to take his look, as much for its comfort as for its nonconformism. Followed by many designers, who, like Yves Saint Laurent or Jean-Paul Gaultier will magnify women with those men sober clothes, playing with the codes to better overcome them. Sailor collar for chilfdren, reefer for lonesome adventurer, cap of old seadog, and even oilskin and pea jacket for a ‘Brest harbour’ look, everything is an excuse to create playful silhouettes whose feminity is breathtaking.
The scenography of the exhibition, by the multiplicity of objects and materials used, makes the audience understand the development of this garment, so symbolic of our imagination as much as our identities.
In the end, it sort of exposure wondering why such a topic has not been treated earlier, due to its essential role in history of costume. Thank to the Musée de la Marine for reaching the open sea for the exotic lands of fashion!
