Robes de princesses et rêves de petites filles

Le Palais Galliéra, propose une exposition sur la mode du Second Empire jusqu’au 26 Mai. Le musée propose un parcours montrant les différents aspects de cette mode, très emblématique du XIXème siècle à la fois par son opulence mais aussi par les incroyables évolutions techniques dont elle est le produit.
Ainsi que le précise l’introduction de l’exposition, la mode des crinolines débutent en 1845 (soit 7 ans avant le début du Second Empire) et laisse progressivement place à la tournure, avant même la fin du régime. Or, cette mode est devenue avec le temps, tout à fait emblématique de cette période et de ce régime politique. Il faut dire que l’impératrice Eugénie la rendit très vite populaire et la fit adopter par sa cour, afin que le mouvement ne s’étende aux différentes classes sociales sous plusieurs déclinaisons. En effet, la quantité de tissu nécessaire et l’ampleur de la silhouette freinaient la liberté de déplacement, impensable pour les femmes qui travaillaient.

En allant à l’exposition, j’ai été frappée par l’affluence, et surtout par le nombre de petites filles présentes. Et pourtant, en voyant les robes, on comprend immédiatement: à leurs yeux, ce sont celles de princesses. L’incroyable variété de tissus, de motifs illustrent très bien les différents styles et circonstances du port des robes à crinoline. La richesse des accessoires (porte-bouquets, éventails, mouchoirs fins…), tout un monde ressuscite sous nos yeux, un monde fait de raffinements, de beauté, de romantisme, un monde à la Scarlett O’Hara, un monde qui ne peut que faire rêver les petites filles.
Et pourtant, on oublie trop souvent la réalité historique de cette univers de belles robes. C’est sans doute à cette époque que le corps des femmes fut le plus encagé. Car la crinoline était en effet une véritable cage dont l’ampleur et le poids limitaient les mouvements. Allié au corset, c’était une redoutable armure enfermant le corps des femmes. Le raffinement des objets est incontestable mais leur fonction est également révélatrice de la place des femmes à cette époque, surtout celles des milieux aisés. On n’admire en effet que des nécessaires de couture et des carnets de bal. Il est d’ailleurs dommage, que les commissaires de l’exposition n’aient pas mis en lumière cette réalité alors même qu’ils abordent le progrès technique dont la crinoline est l’un des aspects.
Il est vrai que cela aurait risqué de moins plaire aux petites filles qui rêvent de princesse et les grandes qui veulent encore y croire.
Au final, donc, une jolie exposition, qui ne révolutionne pas l’histoire du costume mais dont le charme suranné est plus que plaisant.
